Nous faisons tous des erreurs et quand nous en faisons, c’est une grande opportunité pour le cerveau d’ajuster ce qu’il fait et d’apprendre.

Se tromper, c’est déjà apprendre. Les deux termes sont synonymes car chaque erreur est une opportunité d’apprentissage. 

En effet, il est pratiquement impossible de progresser si l’on ne commence pas par échouer, à condition de recevoir un signal de feed-back, une rétroaction qui nous indique la bonne voie. 

Le retour sur erreur est donc un des paramètres éducatifs les plus influents : la qualité et la précision du retour que nous recevons déterminent la rapidité avec laquelle nous apprenons. 

Le principe est simple : il faut essayer, quitte à échouer, car la taille et la direction de l’erreur indiquent comment se corriger. 

Le cerveau n’apprend que s’il perçoit un décalage entre ce qu’il prédit et ce qu’il perçoit. Aucun apprentissage n’est possible en l’absence d’un signal d’erreur. Autrement dit, la surprise est l’un des moteurs fondamentaux de l’apprentissage. 

Ce qui compte pour apprendre, c’est la surprise, c’est-à-dire le décalage entre la prédiction et la réalité. C’est cela qu’on appelle un signal d’erreur. 

Pensez-vous que votre enfant en a conscience ? Et vous, en aviez-vous conscience ? Vous autorisez-vous à faire des erreurs ? 

Pour étudier comment le cerveau détecte et traite les erreurs, les chercheurs ont utilisé des casquettes équipées de capteurs capables de mesurer l’activité cérébrale. Une chose que les chercheurs ont découvert grâce à cette méthode est que le cerveau crée un type spécifique d’activité cérébrale lorsqu’une personne fait une erreur. Cette activité, se produit presque en même temps que l’erreur. 

C’est comme si le cerveau savait déjà que nous faisons une erreur en quelques fractions de seconde, avant même que nous en soyons conscients. 

Faire une erreur, ce n’est pas confortable.

Cette secousse soudaine et agaçante que vous ressentez lorsque la fléchette manque la cible ou la sensation d’enfoncement que votre enfant ressent quand il a une mauvaise note en maths.

Ces sentiments peuvent être agaçants ou douloureux, mais ils font partie de ce que votre cerveau fait pour vous faire réussir à l’avenir.

Faire une erreur aurait pu signifier une blessure ou la mort pour nos lointains ancêtres qui vivaient dans la nature, chassant le gibier et évitant les prédateurs. 

Le cerveau de nos ancêtres devait les aider à tirer les leçons de leurs erreurs, afin que la race humaine puisse survivre. Une fonction importante du cerveau est d’essayer de prédire l’avenir. Cela inclut la façon dont nous pouvons modifier nos actions à l’avenir, pour éviter de faire les mêmes erreurs. Il est donc important de comprendre comment le cerveau détecte les erreurs et y fait face pour comprendre comment il fonctionne et comment nous apprenons.

De nombreuses études scientifiques ont montré qu’après avoir commis une erreur, nous réagissons plus lentement au cours du cycle suivant. Cela pourrait être dû au fait que le cerveau essaie de se donner plus de temps, pour éviter de refaire la même erreur.

Faire des erreurs peut parfois être ennuyeux et frustrant. Cependant, il est également très important pour nous d’apprendre de nos erreurs, afin de pouvoir corriger nos réactions et faire les choses différemment la prochaine fois que nous nous trouverons dans la même situation. Le cerveau est très sensible aux erreurs et il produit un type spécifique d’activité électrique lorsque nous faisons des erreurs, appelé le RRE. Ce signal d’erreur se produit avant que nous soyons conscients de notre erreur, devient plus puissant à mesure que nous vieillissons et peut prédire nos performances à l’école ou à l’université.

Prédire, détecter son erreur, se corriger sont les fondements mêmes d’un apprentissage réussi. 

Pour qu’un enfant (ou une adulte) apprenne efficacement, il faut que son environnement lui fournisse, le plus rapidement et le plus précisément possible, un retour sur erreur. 

Ce retour sur erreur n’a rien avoir avec une punition. On ne « punit » pas un réseau de neurones, on l’informe simplement des endroits où il s’est trompé, en étant le plus précis possible sur la nature et le signe de ses erreurs. 

Les notes, que les enfants ont l’habitude d’avoir à l’école et au collège, sont un piètre retour sur erreur. 

Les notes résument, sans les distinguer, différentes sources d’erreurs. Les notes ne sont pas suffisamment informatives car elles ne permettent pas de savoir pourquoi on s’est trompé ni comment se corriger. Parfois même, elles ne décollent jamais du zéro, auquel cas, elles ne contiennent plus la moindre information. 

Non seulement, elles ne sont pas précises, mais elles sont souvent différées de plusieurs jours, voir semaines, ce qui fait que l’élève a tout oublié de ce qui l’a induit en erreur. 

Et n’oublions pas que le stress et l’anxiété nuisent à la faculté d’apprendre. 

SE TESTER POUR MIEUX APPRENDRE 

L’apprenant doit être engagé, hasarder une réponse, générer activement une hypothèse, même si elle est incertaine. Ensuite, il faut qu’il reçoive une information objective, non punitive, qui lui permette de se corriger. 

La stratégie qui répond à tous ces critères, c’est un test. 

Des dizaines de publication scientifiques démontrent son efficacité : le fait de tester régulièrement ses connaissances est l’une des stratégies les plus efficaces. 

Se tester régulièrement maximise l’apprentissage à long terme. 

Le simple fait de mettre à l’épreuve sa mémoire la rend plus forte. Passer un test oblige à se frotter au réel et à se rendre compte de ce qu’on ne sait pas. 

Le paradoxe, c’est que ni les collégiens ni les professeurs n’ont conscience de ces effets. 

Si votre enfant consacre beaucoup de temps à relire ses cours, en stabilotant chaque ligne de différentes couleurs, il aura l’illusion que cela suffit. Parce que nous ne faisons pas la différence entre les différents compartiments de notre mémoire. Immédiatement après avoir lu son cours, l’information est présente à l’esprit dans la mémoire de travail consciente, sous une forme active. Nous avons l’impression de la connaître mais cette mémoire immédiate n’a rien avoir avec la mémoire à long terme dont nous aurons besoin pour récupérer l’information quelques jours plus tard. 

Lors des 10 séances Apprendre à apprendre, pour les collégiens, nous apprenons à créer des flashcards en histoire, géographie, mathématiques…

J’accompagne des collégiens sur 10 séances (en visio) pour : 

  • déconstruire les fausses croyances sur le cerveau et l’apprentissage et leur permettre d’acquérir des connaissances utiles
  • leur donner des outils et des astuces pour mieux stocker les informations
  • les aider à savoir comment restituer les informations stockées (pour réussir les évaluations le jour J) 
  • Qu’ils sachent comment consolider les informations stockées pour s’en souvenir plus longtemps. 

Mes objectifs : 

  • Que les jeunes reprennent confiance et soient fiers d’eux
  • Qu’apprendre (re)devienne un plaisir 
  • Qu’ils aient des connaissances sur le cerveau utiles pour mieux apprendre
  • Qu’ils utilisent des outils qui leur serviront à apprendre de manière plus efficace toute leur vie