Pourquoi s’inscrire à une formation Montessori en ligne alors que Céline Alvarez partage ses vidéos gratuitement ? 

Cécile m’a demandé : « J’écoute beaucoup de zoom en ce moment (j’ai mes globes à peindre, et comme c’est très très très long…), et je peux écouter des conférences top sur Montessori bien sûr, saupoudrées de neuroscience. Je ne lis pas, pas le temps. Du coup, votre formation va m’apporter quoi en plus ? »

Cela tombait bien, je voulais parler de ce sujet depuis quelques jours. 

Quelles sont les bénéfices à être engagé dans une formation Montessori plutôt que de simplement consulter du contenu gratuit (livres et internet) ? 

Pour commencer, je tiens à souligner que les vidéos que Céline Alvarez a partagé sur sa chaîne YouTube sont un cadeau exceptionnel. Cela serait tellement dommage de s’en priver. Mais un changement de posture et de pédagogie toute entière demande plus d’efforts et d’engagement de votre part que de simplement regarder quelques vidéos le soir dans votre canapé. 

Jeanne, une professeur des écoles en maternelle avec qui j’ai échangé il y a peu, a visionné toutes les vidéos de Céline Alvarez il y a quelques années déjà et a tenté de modifier sa façon de travailler dans sa classe mais voici les 2 éléments qui lui ont manqué pour poursuivre de manière efficace dans cette démarche : 

  • L’apprentissage entre pairs et le soutien d’un mentor et de collègues 
  • Apprendre à apprendre

L’apprentissage entre pairs et le soutien d’un mentor et de collègues

L’apprentissage entre pairs qui est un des piliers de la pédagogie Montessori que ce soit en 3-6 ou en 6-12 est absent lorsque vous êtes seul devant votre ordinateur. 

Vous ne pouvez pas échanger avec vos collègues, vous ne pouvez pas poser vos questions à Céline Alvarez ou au mieux vous pouvez lui poser votre question à l’écrit mais vous ne pouvez pas échanger avec elle pendant 1h de vive voix. 

Vous pouvez passer par le forum pour poser vos questions mais vous n’avez pas de mentor pour vous guider. 

Je vais vous donner un exemple précis que je vis en ce moment pour mon activité de formatrice. Pour faire connaitre mes formations et accompagner les professeurs des écoles dans leur transition, je dois depuis quelques années apprendre les règles du marketing. J’ai acquis de nombreuses connaissances mais il me manque une vision globale pour assembler les pièces du puzzle ensemble. J’aurais besoin d’un guide, d’un coach, d’un mentor, peu importe comment on le nomme pour m’aider à faire les bons choix et me sentir soutenue. 

Revenons-en à la pédagogie Montessori. Travailler sur soi, changer sa posture, comprendre en profondeur les travaux de Maria Montessori, faire de nouveaux choix pédagogiques, lâcher prise, changer nos anciennes habitudes bien ancrées demande des efforts, de la persévérance et du soutien. 

Je pense à Anne que j’ai interviewée dans mon podcast qui était seule dans les premiers temps avec les vidéos de Céline Alvarez. Elle est allée ensuite chercher le soutien de collègues qui vivaient la même démarche au sein de l’association Public Montessori. Sa démarche a commencé il y a 5 ans. Il y a eu un avant et un après. 

Si cela a marché pour Anne, cela peut être faisable seul (ou presque) mais comment être sûr de ne pas passer à côté de l’essentiel ? Et où trouver le soutien dans les moments de doute ? (Car il y en aura forcément). 

Les apprenants de ma formation IMPACT profitent de l’apprentissage entre pairs et de mon soutien de 3 façons : 

  • Dans les dossiers sur la dropbox, chaque apprenant peut lire les réponses des autres apprenants, rebondir sur leurs commentaires et poser des questions. J’y réponds également si aucune réponse n’a été apportée ou si je souhaite compléter ou nuancer une réponse. 
  • Nous échangeons de vive voix lors de 6 visios d’1h30 tout au long des 3 premiers mois de la formation. Lors de ces temps d’échanges, chaque apprenant peut poser des questions, partager ce qu’il vit en classe, donner son avis sur les situations des autres. Nous nous soutenons et nous nous donnons la force de continuer malgré les difficultés. 
  • Dans le groupe WhatsApp créé à chaque nouvelle session, vous pouvez poser vos questions, garder votre motivation, vous soutenir.

Même à distance, j’ai trouvé des solutions pour préserver la force de l’apprentissage entre pairs ! 

Apprendre à apprendre 

Après avoir lu le début de cet article, vous vous dîtes peut-être que vous pouvez y arriver seul mais avez-vous les connaissances pour apprendre à apprendre ? 

Concevoir une formation pour que l’expérience stagiaire soit la meilleure possible, ce n’est pas juste créer du contenu et proposer x heures de vidéos aux apprenants. 

Ceci n’est pas une critique pour Céline Alvarez, je répète que j’admire son travail et sa générosité. Céline Alvarez ne prétend pas former des professeurs des écoles en partageant ses vidéos sur Youtube. 

Pour former mes collègues professeurs des écoles, j’ai conçu et amélioré l’ingénierie de ma formation au fur et à mesure en m’appuyant sur mes connaissances en neurosciences et mon DU en Neuroéducation obtenu cette année. 

Je me suis arrangée pour  :

  • Que votre compréhension des travaux de Maria Montessori soit la plus profonde possible
  • Que vous consolidiez ces nouvelles connaissances
  • Que vous les mettiez en application de façon progressive 

Et évidemment, je vous partage cela au fur et à mesure de la formation. 

Ecouter un podcast ou une vidéo, sans prendre de notes et sans utiliser des stratégies comme la récupération en mémoire, la répétition espacée ou les cartes conceptuelles est un coup d’épée dans l’eau. 

Ma passion pour les neurosciences m’a permis de faire également les liens entre les travaux de Maria Montessori et les recherches scientifiques actuelles. 

Voilà en quoi ma formation IMPACT se différencie des ressources gratuites sur internet. 

Avez-vous des questions ou juste envie de réagir ? 

Je me sentais seule dans ma classe

Mon expérience en classe

Quand j’avais la responsabilité d’une classe de CE2 à mi-temps en 2015, je me posais des dizaines de questions chaque jour. 

  • Comment m’adapter au rythme de chaque enfant ? 
  • Comment concevoir leurs plans de travail ? 
  • Comment favoriser leur autonomie et leur prise de décision sans perdre le contrôle ? 
  • Comment les aider à mémoriser une leçon ? …

J’échangeais ponctuellement avec mes collègues et je cherchais du soutien sur les groupes Facebook ou le forum Enseignants du primaire . com

Ce soutien était appréciable mais les enseignants qui me répondaient n’avaient pas pu observer ma classe ni ma posture. Nous échangions quelques conseils entre 2 portes ou entre 2 posts Facebook. 

En plus de ces échanges, il y a aussi les inspections qui jalonnent notre carrière. 

Mais pour ma part, les quelques inspections que j’ai vécues m’ont beaucoup stressée. Je ne voyais pas ces inspections comme un soutien dans mon quotidien mais plutôt comme un jugement. Je me disais que les inspecteurs étaient là pour juger si j’étais une bonne ou une mauvaise enseignante. Si je n’étais pas d’accord avec leurs conseils, je n’osais même pas avancer mes arguments. 

Bref, le seul vrai soutien que j’ai reçu, c’était lors de ma formation à la pédagogie de Pierre Faure en 2015 avec l’association AIRAP. Pendant une semaine, nous observions une classe le matin et chaque après-midi, nous pouvions choisir entre plusieurs ateliers sur des sujets différents. J’en garde un très bon souvenir. Mais cette expérience était trop courte. 

Différences public/privé

Dans le public, les conseillers pédagogiques assurent l’accompagnement professionnel des maîtres et des équipes pédagogiques. 

Dans les écoles privées sous-contrat, il n’y a pas de conseillers pédagogiques. Mais pourquoi les professeurs des écoles du privé n’auraient-ils pas besoin de soutien, de conseils et de prendre du recul sur leur travail ? 

Depuis 2019, je forme des enseignants à la pédagogie Montessori. Et ces dernières années, je fais de plus en plus de ponts entre la pédagogie de Maria Montessori et la neuroéducation. 

Jusqu’à présent, je ne faisais pas de différence entre les enseignants du public et les enseignants du privé sous contrat car à mes yeux, ils ont les mêmes besoins. Et les enfants qu’ils accompagnent sont tous des enfants avec les mêmes besoins. 

Ma mission est claire depuis 2019 : former les professeurs des écoles pour un plein épanouissement affectif et cognitif (le leur et celui de leurs élèves). 

Aujourd’hui, je prends conscience de deux choses : 

  • Je souhaite recentrer mon accompagnement vers les professeurs des écoles du privé sous-contrat car ils n’ont pas le soutien des conseillers pédagogiques comme leurs collègues dans le public (je n’excluerai pas les enseignants du public pour autant)
  • Je souhaite me former à l’analyse de pratiques pour accompagner les professeurs des écoles en classe en parallèle des 3 mois de formation en ligne. 

Et vous ? 

Je serais curieuse de savoir si vous vous sentez soutenu dans votre quotidien professionnel. Alors n’hésitez pas à répondre aux questions suivantes dans les commentaires ou en privé si vous êtes timide.

  • Osez-vous partager vos difficultés à vos collègues ? 
  • Pouvez-vous compter sur leur soutien ? 
  • Comment faîtes-vous pour vous améliorer d’année en année ? 
  • Cherchez-vous du soutien et des conseils sur Facebook ou d’autres réseaux sociaux ? 
  • Avez-vous déjà suivi des formations en dehors des heures de formation obligatoires ? 
  • Les formations obligatoires vous aident-elles à progresser et à devenir la meilleure version de vous-même d’année en année ? 

J’ai hâte de lire vos réponses et de vous accompagner pour un plein épanouissement affectif et cognitif. 

Une rentrée en PS

Ma rentrée en septembre 2014 en PS restera toujours gravé dans ma mémoire. 

32 enfants de petite section dont une bonne moitié qui hurlait tous plus forts les uns que les autres. Quelques enfants moins effrayés qui se sont mis à pleurer en voyant les autres. 

Les parents qui n’osaient pas partir et laisser leurs petits dans cette ambiance complètement folle. 

Je me rappelle avoir rattrapé un enfant dans le couloir qui s’enfuyait en courant. J’avais fini par fermer la porte et complètement démunie, je m’étais dit : la journée va être longue. 

Une rentrée avec des PS (même si vous n’en avez pas 32) doit se faire dans de bonnes conditions ! 

Dans ces conditions là, c’est inhumain pour les petits, c’est inhumain pour l’instit et l’aide maternelle et c’est très difficile pour les parents. 

(suite…)

Votre entrée dans le métier de prof des écoles

J’ai créé ce sondage car je me pose beaucoup de questions sur la formation initiale et sur comment vous vivez votre entrée dans le métier. 

Je ne vais pas vous mentir. Si vous prenez le temps de répondre à mes questions, cela vous prendra 10-15 minutes. Rédiger des réponses prend plus de temps que de juste cocher des cases. Mais vos réponses détaillées me permettront de mieux comprendre votre quotidien et de mieux vous accompagner. Merci d’avance. 

Le lien vers le sondage

Mon entrée dans le métier de professeur des écoles

Dans ma classe de MS-GS en août 2006

À la fin de ma première année de licence, j’ai su !

Cela m’est apparu comme une évidence, je voulais être professeur des écoles. 

Pas de temps à perdre, j’ai enchaîné les années à la fac, j’ai réussi mon concours du premier coup et j’ai enchaîné avec ma PE1 et ma PE2 comme on disait à l’époque. 

MES PREMIÈRES ANNÉES

J’ai débuté ma carrière en 2006 en MS-GS déterminée à être une super maîtresse ! 

Mais les choses se sont passées légèrement différemment. 

La maman de Charles et Rosalie me hurlait dessus ! J’avais 23 ans. Elle ne me faisait absolument pas confiance !

La maman d’Héloïse me disait que c’était ma faute si sa fille ne progressait pas.

Elle l’a changée d’école mais cela n’a pas effacé les difficultés de sa fille comme par magie. 

Et la papa de Marie-Jeanne m’avait hurlé dessus lors de la 1ère réunion parents profs parce que j’utilisais une mascotte (Biscotte) et que les enfants allaient confondre la réalité et l’imaginaire à cause de moi. 

C’était il y a 16 ans mais je m’en rappelle encore très bien. 

Heureusement que les enfants étaient là, ma super collègue et ma super directrice. 

Quand j’ai débuté, en plus d’éviter les cris des parents, mes préoccupations étaient : qu’est-ce que je vais leur faire faire aujourd’hui, cette semaine, ce mois-ci ? Quelle méthode est la plus pertinente ? Comment je vais faire pour garder le calme dans ma classe ? 

Je faisais de mon mieux pour choisir des outils pertinents mais je n’avais aucune légitimité avec mes deux années de formation. 

J’y consacrais tout mon temps libre car j’avais à coeur de préparer les meilleures séquences possibles. Mais le temps perdu en formation à comprendre la différence entre une progression et une programmation ne m’a pas donné les clés pour être une bonne maitresse. 

PRISE DE CONSCIENCE

En 2013, j’ai réalisé : 

  • Que la progression doit venir de l’enfant et non pas des programmes
  • Que l’enfant sait de quoi il a besoin si on lui laisse l’opportunité de faire des choix
  • Que l’enfant ne voit pas cela comme un travail, qu’il s’enthousiasme à chaque nouvelle découverte
  • Qu’on sous-estime les capacités des enfants
  • Qu’on ne peut plus les ranger par date de naissance comme des objets de fabrication 
  • Que chaque enfant apprend à son rythme et que c’est aux adultes de s’adapter 
  • Que l’enfant absorbe tout ce qu’il se passe dans son environnement et que l’adulte doit travailler sur lui-même: l’adulte veille à rester exemplaire.  
  • Que l’adulte doit avoir une foi sereine et solide en chaque enfant
  • Qu’avant de préparer du matériel pour les enfants, il faut d’abord se préparer soi
  • Qu’un enfant n’apprend pas s’il est stressé
  • Que l’adulte ne doit pas chercher à dominer les enfants pour imposer son autorité mais qu’il doit poser un cadre et permettre aux enfants d’être en sécurité affective
  • Comment fonctionne le cerveau d’un enfant
  • Que l’adulte doit prendre soin de lui 
  • Que l’adulte utilise les forces intérieures de l’enfant pour sa propre éducation 
  • Que nous devons faire équipe entre adultes pour permettre à chaque enfant de s’épanouir

Cela peut paraître utopiste mais ce changement est possible !

Je ne vous cache pas que je suis passée pour une extraterrestre et que je n’ai pas fait l’unanimité auprès de mes collègues. 

J’ai poursuivi dans cette voie pour découvrir la méthode de l’enfant et cette année je fais un DU en Neuroéducation. 

Si vous partagez ma vision de l’éducation, rejoignez-nous sur « Profs des écoles en route pour changer l’école. » 

https://www.facebook.com/groups/134128287926754

La prochaine fois, je vous parlerai de ma prise de conscience de la violence dans l’entrée du métier pour certains profs des écoles. 

Méthodes de recherche en neuroéducation

En parallèle de la lecture de ce livre : “les méthodes de recherche en neuroéducation” Steve Masson et Grégoire Borst, je prends des notes sous forme de sketchnoting pour faciliter ma compréhension et garder une trace agréable à relire.

Ces 4 sketchnotes ont pour titre:

  • les origines de la neuroéducation
  • la neuroéducation
  • choisir un type de design de recherche
  • choisir les outils de collecte de données

Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage : “Méthodes de recherche en neuroéducation” Steve Masson et Grégoire Borst

La neuroéducation
Les origines de la neuroéducation

Choisir un type de design de recherche